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steinbrecht


Gustav STEINBRECHT
Nouvelle traduction française de 
«Das Gymnasium des Pferdes», Potsdam 1886
à être publiée sous le titre:
«Le gymnase du cheval»
en collaboration avec Patrice Franchet d'Espèrey, Ecuyer au Cadre noir, Saumur
(subventionnée par le Ministère de la culture)





    «Le gymnase du cheval», la traduction du traité de Gustav Steinbrecht, généralement considéré comme la «Bible» de l'équitation allemande, est l'oeuvre du Cdt. Edouard Dupont. Depuis sa première publication en 1935, cette version est, pour les cavaliers francophones, la source principale d'information détaillée au sujet de la doctrine équestre qui depuis est devenue la «pensée d'école» sur le plan international. C'est chez Dupont, éminent écuyer et grand linguiste,  que des générations de cavaliers français ont puisé leur compréhension de l'équitation d'Outre-Rhin.

    Pour qui connaît en profondeur les différences et les particularités culturelles des deux «visions du monde» sous-jacentes à l'équitation «de tradition française» et germanique, et qui est capable de lire, juxtaposés, l'original et la version française et de les comparer, il est évident que le texte de Dupont diffère d'une manière subtile - mais significative! - de l'original. Pour simplifier: Dans «Le gymnase du cheval», Steinbrecht est trop français; l'essence allemande de la pensée équestre telle qu'exprimée dans «Das Gymnasium» n'est pas assez clairement transmise, elle est plutôt modulée, voire parfois invertie au point d'être quasi-latine.

    Il n'est par conséquent  guère étonnant que l'idée que le lecteur arrive à se faire de l'équitation allemande à la lecture de la traduction française, depuis longtemps épuisée et fort difficile à trouver, ne corresponde souvent que peu à l'exposé, magistral dans sa limpidité, fait par Steinbrecht. Même N. Oliveira et M. Henriquet, p. ex., ont pu affirmer que, pour paraphraser, «Steinbrecht et Baucher disent au fond la même chose» - proposition qu'une analyse attentive aux subtilités culturelles et approfondie dément. Racinet a démontré à l'aide d'une comparaison des traductions française et anglaise de Steinbrecht comment et à quel point le texte de Dupont/Steinbrecht mène à des mésinterprétations et que même le gén. Decarpentry, dont l'encouragement a donné naissance au travail de Dupont, n'a pas su éviter une lecture "trop française du maître allemand".     

    De telles déformations et «effets de miroir» ne sont ni chose neuve, ni chose rare. Toutes les traductions de grands textes de ma connaissance (y inclus La Guérinière, Baucher, Faverot, Decarpentry, Oliveira etc.) témoignent, juxtaposées à leurs originaux, de l'énorme difficulté de la traduction en matière d'équitation, tâche qui dépasse, et de loin, le «technique».  Peu de cavaliers peuvent ou veulent "vérifier". La conclusion que s'en impose est que la majorité des cavaliers lecteurs, aujourd'hui et d'antan, ne connaissent pas (et n'ont pas connu) le sens «pur» des auteurs originaux. Mais il s'agit ici de bien plus que d'une platitude regrettable du genre "traduttore, tradittore". Les malentendus qui résultent de ces difficultés de lecture se matérialisent en apories et culs-de-sac: non seulement que la tentative d'accepter une équitation étrangère (et un conséquent rejet de la sienne propre) ne mène alors, dû aux malentendus produits par les traductions, que difficilement au succès dans l'apprentissage de l'«autre» pratique. Aussi, puisqu'un texte explicitant une vision culturelle équestre étrangère ouvre par ricochet la réflexion critique au sujet de l'identité de la culture et doctrine équestre propre, le rejet d'une équitation étrangère mal traduite, donc mal comprise et par conséquent apparamment «pas logique, n'ayant pas de sens», et, du coup, l'attachement doctrinaire à la sienne, en sont facilités.  

    Il est important et urgent que Steinbrecht soit rendu disponible dans une nouvelle traduction. Cela à la fois pour les cavaliers français qui s'intéressent à l'équitation de compétition et qui par conséquent cherchent à comprendre avec précision la doctrine de l'équitation allemande, si dominante en tant que corpus de critères, et pour ceux et celles qui, français ou non, veulent se distancer de cette "autre" équitation, se tourner vers ou rester attachés à l'équitation «de tradition française». Dans les deux cas, il est impératif que les lecteurs aient en main une traduction du texte qui éclaircisse "radicalement", c'est-à-dire allant jusqu'aux racines, la pensée originale du maître allemand, telle qu'explicitée par lui avec tant de maestria.

    Pour réduire au minimum le risque de distorsions de ce genre, j'aurai l'honneur de collaborer avec Patrice Franchet d'Espèrey, écuyer au Cadre noir et auteur de nombreux livres hautement respectés. Nous sommes convaincus qu'une version française de Steinbrecht qui transmette sans déformations et en toute clarté les significations effectives de l'original, permettra aux cavaliers d'expression française de ne pas tomber dans l'écueil, à cause de malentendus, d'une acceptation trop «optimiste» de la doctrine allemande ou bien, envers de la médaille, d'un rejet de leur propres traditions basé sur un «doute négativiste». Si les cavaliers "allemands" s'instruisent et se confrontent de plus en plus avec l'équitation française et, à cette fin, ont besoin de textes soigneusement traduits, c'est-à-dire ne comportant plus des partis-pris «idéologiques», le même est vrai pour les cavaliers français voulant comprendre l'équitation allemande: les choix à prendre doivent cesser d'être basés sur des "mythes", des préjugés ou des interprétation défigurantes, anciennement largement négatives, plus récemment souvent résultats d'une «bienveillance» qui finit par prétendre ou croire qu'il ne sied pas, ou n'est pas nécessaire, de souligner ce qui différencie les équitations. Le projet des Lumières reste encore à être accompli dans le domaine de l'équitation et c'est à lui que nous espérons pouvoir faire une contribution.


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